La Chambre économique fédérale d'Autriche et la Fédération des Syndicats d’Autriche en visite à Paris : le système dualiste de formation, un instrument pour faire baisser le chômage des jeunes
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Le modèle autrichien suscite un grand intérêt auprès des membres du gouvernement français.
Le Président de la Chambre économique fédérale d'Autriche Christoph Leitl et le Président de la Fédération des Syndicats d’Autriche Erich Foglar ont rencontré aujourd’hui,à l’initiative de l’Ambassadeur d’Autriche en France Ursula Plassnik, des représentants du gouvernement français pour discuter du modèle autrichien de formation des jeunes. Dans un contexte européen, le taux de chômage des jeunes est élevé, près de 6 millions de jeunes sont sans emploi au sein de l’UE, concrètement plus d’un jeune sur cinq parmi les moins de 25 ans. Il atteint 55,4% en Grèce, 52,9% en Espagne, 37,8% en Slovaquie et 36,4% au Portugal. En France, le chômage des jeunes se situe avec 23,4% légèrement au-dessus de la moyenne de l’UE. Avec un taux de chômage des jeunes de 9,7%, l’Autriche se place en troisième position derrière l’Allemagne (8%) et les Pays-Bas (9,4%) et fait figure d’exception. En effet, depuis la crise, le taux d’emploi des jeunes a chuté dans presque tous les Etats-membres.
Selon le Ministre français délégué à la Formation professionnelle Thierry Repentin, la formation est au cœur de la politique de l’emploi, c’est particulièrement vrai pour les jeunes. Dans presque tous les pays européens, le taux de chômage chez les jeunes est parvenu à un niveau insupportable. Selon le ministre, l’Autriche est à cet égard un contre-exemple excellent dont nous pouvons apprendre beaucoup. Une société qui ne fait rien pour donner une chance aux jeunes met en échec son propre avenir.
Diviser par deux le taux de chômage des jeunes. Le Président Christoph Leitl a souligné que l’Europe ne pouvait réussir au sein de la concurrence mondiale que si elle misait sur la qualification et les talents de ses habitants. Au niveau de la concurrence par les coûts, nous ne gagnerons pas mais nous pouvons gagner le concours des talents. Les régions, les institutions, les entreprises, le monde politique et les partenaires sociaux doivent tout entreprendre avec les établissements de formation pour permettre à chaque jeune d’avoir une formation. Pour l’emploi, il est également important de générer de la croissance, de soutenir les PME, de développer davantage le système dualiste de formation. En Autriche, 40% des jeunes ont reçu une formation en apprentissage ce qui leur a permis de s’intégrer dans l’entreprise. C’est la meilleure chance d’obtenir un emploi. Il s’avère que les pays qui ont un système dualiste de formation affichent des taux de chômage de moitié inférieurs à ceux des pays sans système dualiste de formation. Portés par la compréhension et la confiance mutuelles, les partenaires sociaux privilégient de manière inchangée la négociation aux grèves et s’efforcent d’élaborer dans la pratique des solutions communes.
Le système dualiste de formation est un modèle couronné de succès. Le Président Erich Foglar a repris une citation de la jeunesse syndicale autrichienne selon laquelle la jeunesse en Europe, si elle était une banque, aurait été sauvée depuis longtemps. Il souligne le danger actuel en Europe d’avoir une jeunesse sans perspectives d’avenir. Dans ce cadre, le modèle européen n’est pas tenable. A ce titre, il est très bien que nous ne discutions pas aujourd’hui de questions financières ou bancaires. L’immense problème actuel du chômage des jeunes en Europe n’est pas seulement dû à un manque de qualification. Une bonne formation est un élément clé pour la jeunesse en Europe. Seuls les jeunes les mieux formés auront plus tard des emplois, le chemin qui conduit hors du chômage est par conséquent en grande partie une question de formation et de qualification.
